Centro de Documentación Mapuche Documentation Center

Communiqué de Presse

le 18 janvier 2008

Aujourd'hui il y a 100 jours que Patricia Troncoso poursuit la plus longue grève de la faim du Chili. Elle est au seuil de la mort face à l’indifférence du gouvernement de Michelle Bachelet. Trois autres codétenus politiques Mapuches l’ont accompagné pendant plus de deux mois dans cette grève et deux autres l’ont rejoint solidairement. Il faut noter que cela est la quatriéme grève de la faim de longues durées ( plus de deux mois chacune ) que des prisonniers politiques Mapuches soutiennent en moins de deux ans.

Au prix de sa vie, Patricia Troncoso continue de revendiquer :

- La libération immédiate de tous les prisonniers politiques Mapuches et la révision de leurs procès.

- La démilitarisation du territoire Mapuche, la fin de la répression des communautés en conflit et le respect de leurs droits territoriaux. 

Imperturbable, l’Etat chilien continue l’occupation militaire du territoire Mapuche et multiplie, sans mandat, de violentes perquisitions accompagnées d’humiliations racistes, dans les communautés en conflit territorial.

La " transition " post - pinochétiste n'a apporté aucune amélioration de la situation des Mapuches. Les spoliations et la répression se font toujours sous le régime des lois d'exceptions "antiterroristes" mises en place par la dictature. Ces lois sont appliquées par le gouvernement "socialiste" de Michelle Bachelet.

Jeudi 3 janvier, à l’aube, lors d’une récupération pacifique de terres, Matias Catrileo Quezada, étudiant mapuche de 22 ans, a été abattu d’une balle dans le dos par la police militaire. Pour mémoire, le 7 novembre 2002, Alex Lemun, 17 ans, a été atteint mortellement par le tir d’un officier de police lors d’une autre récupération de terres. Dans la nuit du 21 août 2006, José Domingo Collihuin Catril, âgé de 71 ans a été tué dans sa propre communauté pendant une perquisition policière. Ces crimes et d'autres contre les Mapuches restent  impunis.

Tandis que l’impunité continue pour ceux qui ont commis des violations des droits de l’homme envers les Mapuches ou qui leur ont usurpé leurs terres, les injustices sociales s’accentuent, les revendications des organisations et des communautés ne sont pas écoutées quand elles ne sont pas "criminalisées". Malgré la ratification le 13 septembre 2007, par l’Assemblée Générale de l’ONU de la "Déclaration universelle des droits des peuples autochtones" et la publication de différents rapports par des institutions internationales (ONU, FIDH, HRW, Amnesty International) dénonçant ces différentes atteintes aux droits du peuple Mapuche, le gouvernement chilien continue à mener une répression contre les organisations et les communautés Mapuches revendiquant des droits politiques et territoriaux pourtant reconnus au niveau international.

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